L'histoire de Sceaux

De la première mention de Sceaux, en 1120, à nos jours, l’histoire de la ville est riche en personnages et en anecdotes. Elle est en lien direct avec l’histoire de France.

Du 12e au 17e siècle

La première mention de Sceaux, qui s’écrivait alors Ceaux (du latin cellae, petites maisons) remonte à 1120.

En 1203 la paroisse de Sceaux se sépare de celle de Châtenay et devient indépendante. Le village se constitue alors en deux parties :

  • à l’ouest “Sceaux le grand”, noyau historique de la ville ;
  • à l’est “Sceaux le petit”, qui disparaît au 17e siècle.

Au 15e siècle, le domaine seigneurial de Pierre Baillet se constitue à côté de l’église.
À la fin du 16e siècle, la seigneurie de Sceaux et son manoir sont vendus par les héritiers de Jean II Baillet, fils de Pierre Baillet, à Louis Potier de Gesvres.

En 1597, les Potier de Gesvres font construire un château et Sceaux devient une châtellenie puis une baronnie.

En 1670, Jean-Baptiste Colbert, contrôleur général des finances de Louis XIV, souhaite s’installer à proximité de Paris et de Versailles et achète la terre de Sceaux aux héritiers Potier de Gesvres.

Colbert achète de nombreux terrains et constitue un grand domaine dans lequel il invite André Le Nôtre, jardinier de Louis XIV à Versailles, à créer l’Octogone et les cascades alimentées par les eaux du rû d’Aulnay et du Plessis-Piquet (Le Plessis-Robinson). Colbert fait transformer l’ancien château en une grande demeure à cinq corps de bâtiments. Il fait construire les pavillons d’entrée, le pavillon de l’Aurore et réunit le « petit château » au domaine.

Entre temps, le village se développe grâce aux libéralités de Colbert, profitant de la présence de l’important marché aux bestiaux de Sceaux inauguré en 1678. Les deux bâtiments entourant l’entrée subsistent encore et sont inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Le village compte environ 500 habitants en 1680 et 630 en 1709.

En 1683, à Colbert succède son fils le marquis de Seignelay, qui embellit considérablement le domaine. Agrandissant le parc, il y fait creuser le grand canal et construire l’Orangerie.

Le château de Colbert

Le château de Colbert

Au 18e siècle

Après la mort du marquis de Seignelay et de son épouse, les héritiers des Colbert vendent en 1700 le domaine de Sceaux au duc du Maine, fils de Louis XIV et de Madame de Montespan, et à son épouse, née Condé. La duchesse du Maine installe alors à Sceaux une cour littéraire dont fait partie Voltaire. C’est l’époque des fameuses « Nuits de Sceaux ». En annexe du domaine, la duchesse fait aménager le jardin de la Ménagerie où elle fait construire un pavillon.

Dans le village est créée, vers 1740, une manufacture de faïences, vite célèbre, dont il reste encore l’aile nord rue des Imbergères.

Pendant la Révolution française

Passé aux mains du duc de Penthièvre en 1775, puis à sa fille la duchesse d’Orléans, le domaine de Sceaux est nationalisé et converti en école d’agriculture en 1794.

La ville de Sceaux est rebaptisée « Sceaux - l’Unité » par décret de la Convention. Son premier maire est élu en 1790.

Le domaine, mis en vente en 1798, est acquis par Jean-François Hippolyte Lecomte, riche négociant, qui fait raser le château et le pavillon de la Ménagerie endommagés pour en vendre les matériaux.

En 1798, c’est à Sceaux que Jean-Baptiste Bernadotte, qui devient roi de Suède et de Norvège en 1818, épouse Désirée Clary.

En 1799, un groupe de notables mené par François Desgranges, notaire et maire, crée la Société Propriétaire du Jardin et des Eaux de Sceaux. Cette société acquiert le jardin de la Ménagerie afin de le préserver des investisseurs  et l’ouvrir aux habitants.

Au 19e siècle

La ville devient sous-préfecture du département de la Seine en 1800 et compte 1 348 habitants en 1801.

La Société Propriétaire du Jardin et des Eaux de Sceaux souhaitant relancer le commerce et trouver un financement pour entretenir le jardin de la Ménagerie crée le bal de Sceaux.

La première ligne de chemin de fer reliant Denfert à Sceaux est construite en 1846. Elle favorise l’essor de la ville et marque les premières transformations urbanistiques de Sceaux. La ligne de Sceaux apporte son flot de Parisiens venant profiter du bal de Sceaux. Nombreux sont ceux qui font construire leurs maisons secondaires à Sceaux aux côtés des résidences principales de ceux, qui travaillant à Paris, empruntent quotidiennement la ligne de Sceaux.

Le Bal de Sceaux, Gravure de Pruce et Champin, 1843

Le Bal de Sceaux, Gravure de Pruce et Champin, 1843

Le duc de Trévise, fils du maréchal d’Empire Mortier, épouse la fille de Jean-François Hippolyte Lecomte, propriétaire du domaine. Il fait redessiner le parc sur le plan ancien et construire, en 1856, le château actuel.En 1878, Paul Arène et Valery Vernier, disciples de Mistral, se rendent à Sceaux par la ligne de Sceaux et découvrent le monument funéraire de Florian, fabuliste et auteur du roman pastoral Estelle dont une des chansons est en langue d’Oc. Dès lors, Sceaux devient lieu de pèlerinage méridional et cité félibréenne.

La première mairie est construite en 1843 et la sous-préfecture 20 ans plus tard par le même architecte, Claude Naissant. La municipalité, en manque d’espace, s’installe en 1887 dans le bâtiment de la sous-préfecture, fermée en 1880, qui jouxte la gendarmerie édifiée en 1870.

Le lycée Lakanal, « premier lycée à la campagne », est ouvert en 1885.

En 1895, le premier tracé de la ligne de Sceaux disparaît et le marché de Sceaux voit le jour non loin de l’ancien débarcadère situé dans le jardin de la Ménagerie.

Cette même année, Pierre Curie épouse Marie Sklodowska à la mairie. Les deux savants habitent à Sceaux plusieurs années et y sont enterrés avant d’être inhumés au Panthéon en 1995. Leurs enfants, Irène et son mari Fréderic Joliot-Curie, reposent au cimetière communal.

Dans la première moitié du 20e siècle

En 1923, le domaine est mis en vente et sauvé du démembrement par le maire d’alors, Jean-Baptiste Bergeret de Frouville, qui fait en sorte qu’il soit racheté par le conseil général de la Seine. Une partie du domaine est lotie et donne naissance au lotissement du parc caractérisé par ses nombreuses maisons d’architectes.

Un autre grand lycée, pour filles à l’origine, voit le jour en 1936. C’est à Émile Brunet que l’on doit la construction du lycée Marie-Curie, aux formes nouvelles pour l’époque, baigné de lumière, à la fois fonctionnel et propice à la gaieté. L’architecte concevra un établissement pour 1 200 élèves selon les principes éducatifs du ministre Jean Zay.

La même année, le musée de l’Île-de-France, renommé depuis musée départemental du domaine de Sceaux, installé dans le château de Sceaux, est ouvert au public.

La ville se modernise avec la création ou l’achèvement de lotissements, l’ouverture de voies nouvelles et la construction de l’église Saint-Stanislas, paroisse du quartier des Blagis, située à Fontenay-aux-Roses à quelques mètres de Sceaux.

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Sceaux atteint près de 8 500 habitants.

Au cours de la seconde moitié du 20e siècle et au début du 21e siècle

La ville se développe. Des ensembles de logements collectifs sont construits, notamment la résidence des Bas-Coudrais qui compte plus de 700 logements sociaux organisés autour de vastes espaces verts, ou encore des résidences privées comme la résidence Penthièvre.

La Ville se dote d’équipements scolaires, sportifs, et culturels en adéquation avec l’augmentation rapide de sa population. Trois écoles primaires sont construites entre 1956 et 1969.

La piscine des Blagis et le théâtre des Gémeaux, d’abord centre d’action culturelle puis scène nationale, suivent.

La Ville accueille également à cette période l’École polytechnique féminine (EPF), la faculté de droit Jean-Monnet et l’IUT.

En 1962, Sceaux compte 19 300 habitants puis 20 342 en 1968.

En 1970, le nouveau département des Hauts-de-Seine devient propriétaire du domaine de Sceaux suite au redécoupage administratif de la région parisienne.

En 1976, la rue Houdan devient la seconde rue piétonne du pays (après celle de Rouen), la première en Île-de-France.

1976, la piétonnisation visionnaire de la rue Houdan fait débat

1976, la piétonnisation visionnaire de la rue Houdan fait débat

À partir des années 1980, des travaux d’aménagement du centre-ville sont conduits avec la reconstruction de plusieurs îlots dont l’îlot Charaire, ensemble de logements et de commerces, au cœur duquel la bibliothèque municipale ouvre ses portes en 1985.

Les années suivantes vont être l’occasion de créer, rénover, étendre ou reconstruire entièrement de nombreux équipements municipaux : la Maison des jeunes et de la culture en 1989, le théâtre des Gémeaux en 1994, le cinéma Trianon en 2003, la halle du marché en 2004, l’hôtel de ville en 2006, le dojo des Clos-Saint-Marcel en 2009, la piscine des Blagis en 2013, plusieurs crèches municipales, etc.